Les chiffres clé de la santé en France


« Il est rose, il est girly, il va mettre des paillettes dans votre vie » : Marguerite Cazeneuve, directrice déléguée de l’Assurance Maladie, a le sens de la formule ! Car le « il » en question c’est le Rapport charges et produits 2024, un document de 300 pages bien tassées, bourré de données et de références.
Pour ceux qui n’auraient ni le temps ni l’énergie de le lire, il existe heureusement une version light de 19 pages. Et pour tous les autres, votre serviteur s’est plongé dedans et en restitue ici les chiffres les plus marquants (souvent arrondis pour mieux les retenir). Après avoir lu ce post, vous aurez une vision plus claire des enjeux à venir de la Sécu, enjeux qui nous concernent tous.
Je précise par ailleurs que les chiffres concernant les effectifs des professionnels de santé ne concernent que l’exercice libéral, le seul susceptible d’être pris en charge par l’Assurance Maladie.
Les dépenses de la Sécu
185 milliards d’euros remboursés chaque année dont :
22 milliards pour les cancers (+11% par rapport à 2020)
20 milliards pour les maladies cardio-vasculaires (+ 9%)
17 milliards pour les maladies psychiatriques (+ 8%)
10 milliards pour le diabète (+9%), une maladie diagnostiquée trop tardivement, qui touche déjà près de 5 millions de personnes et le double à l’horizon 2050
Un Français sur trois atteint de pathologie chronique, pour une dépense annuelle moyenne de 4 700€, hors reste à charge individuel.
10 millions d’hospitalisations ponctuelles par an, 250 000 hospitalisations liées au Covid
Le nombre de soignants en France (exercice libéral)
365 000 professionnels de santé en 2021 (+ 40% par rapport à 2000)
110 000 médecins (- 4%)
100 000 infirmiers (+ 100%)
75 000 kinés (+ 90%)
45 000 chirurgiens-dentistes (-0,2%)
7 500 sage-femmes (+ 350%)
Les arrêts de travail
16 milliards d’euros versés en 2022
+ 8% par rapport à 2021
Mais sur la période 2010-2019 + 2,3% par an seulement
36% de cette hausse de 2,3% due à l’augmentation et au vieillissement de la population active
18% de cette hausse de 2,3% due à l’augmentation de l’indemnité journalière versée
Travail à temps partiel thérapeutique : 200 000 personnes (+ 100% par rapport à 2010)
250 millions d’euros d’économies annoncées pour 2024
Les dérives des laboratoires de biologie
60% du marché capté par les six premiers groupes
Valorisation d’un groupe : jusqu’à 4,5 milliards d’euros
Chiffre d’affaires : 8 milliards d’euros (+ 100% entre 2016 et 2021)
Rentabilité : 32% (+ 100%)
40 millions d’euros de remboursement de dosages en vitamine D, dont 90% prescrits à tort
Conclusion du rapport : « La déconnexion entre les valeurs du marché et les valeurs réelles des groupes, associée à des taux d’endettement importants, fait craindre le risque d’un éclatement de ce qui s’apparente à une bulle financière »
Les prochains chantiers de l’Assurance Maladie
Développer le dépistage du diabète chez les 45-50 ans et celui du col de l’utérus chez les femmes
Remboursement d’une « activité physique adaptée » pour le cancer et le diabète : 3 mois renouvelables une fois
Remboursement intégral du dépistage et des soins conservateurs bucco-dentaires chez les 8-24 ans
Délivrance d’antibiotiques sans ordonnance mais avec protocole dans les pharmacies pour les cystites et les angines bactériennes (après test rapide)
« Label d’État » pour les meilleurs applis sur smartphone
Victor
Concernant les laboratoires de biologie.
On peut faire dire ce que l’on veut aux chiffres. Vous comparez le CA du secteur de 2016 vs 2021, année où nous avons réalisé le plus de test COVID…
Si vous aviez comparé ce qui est comparable, vous trouveriez que le CA du secteur n’a que peu ou pas évolué alors qu’en parallèle les dépenses de santé n’ont fait que s’accroitre.
Il n’y a donc pas de quoi tirer à boulet rouge sur une profession qui absorbe l’augmentation d’activité qui lui ai est imposé par les prescriptions médicales (car il faut quand même rappeler que nous sommes soumis à des prescription médicales pour réaliser nos actes) sans augmenter son chiffre d’affaire donc en rognant sur sa marge.
En revanche que les remboursements de la sécurité sociale servent à alimenter des fonds de pensions étranger pose effectivement question, mais cela fait des années que les législateurs vont dans ce sens car il est plus facile de négocier des baisses tarifaires avec de grands groupes capables de faire des économies d’échelles importante qu’avec des indépendant contraints par la bonne gestion de leur entreprise.
VINCENT OLIVIER
Ce n’est pas tout à fait exact : entre 2016 et 2019, le CA a augmenté de 15%, ce qui est conséquent. Quant à la concentration des groupes, elles peut tout aussi bien avantager les pouvoirs publics (pour imposer une baisse de tarifs) que les désavantager (si les groupes font cause commune est menacent de bloquer le système comme on l’a vu récemment)